Hello! Dans le cadre d'un concoursorganisé sur le forum de BFME2 (
ici ) j'ai écrit une fan-fic.

Je ne pouvais passer à coté l'occasion de la poster ici. Bonne lecture, et n'hésitez pas à donne vos critiques !
Le jour se lève, un jour ensoleillé enveloppant cette lointaine contrée d’une clarté peu commune. Déjà au loin les clameurs s’élèvent. Les soldats du Rhûn le savent: aujourd’hui, ils ne combattent pas pour Sauron, pour un maître quelconque, pour agrandir leur royaume … Aujourd’hui, ils combattent pour leur survie. Les femmes et les enfants sont à l’abri dans leurs habitations, et ils resteront à l’abri tant que les murs tiendront, ils doivent tenir. Il y a une civilisation entière à sauver, des années d’histoire, de croyances, de chants et de rires, mais également des années de guerre où le but était de servir leur Patrie, pour faire honneur à leurs dieux.
Le calme retombe sur la plaine verdoyante bordant la citée, les assiégeants ont cessés leur chant inhumain. A sa place s’élève maintenant le féroce et puissant cri des cors du Gondor, symbole d’une gloire retrouvée et d’une crainte nouvelle pour les assiégés. Car désormais ce sont eux qui ont peur, malgré leur fanatisme.
Les flèches ont été distribuées aux archers sur les murs de Dagorim, ainsi que des projectiles divers. Le mur n’est pas bien large mais suffisamment haut, construit par des artisans peu qualifiés. La porte, grande et large, n’est pas réputée très solide mais elle est habilement entourée par deux grandes tours, placées de part et d’autres de l’ouverture, qui offrent un excellent champ de tir aux défenseurs qui peuvent tirer sur tout ce qui pourrait passer devant la porte. Le chef de la défense de Dagorim, le redouté Djiff le Fourbe, se tient au dessus de la porte, exactement entre les deux tours. Son armure épaisse le recouvrant de la tête au pied est censée le protéger de toutes attaques, et son énorme épée à deux mains devait lui permettre de trancher en deux des légions entières. Personne d’autre que lui au Rhûn ne peut porter une telle charge et pourtant rester efficace au combat.
A mesure que les bruits de cors se font plus forts, plus sourds et plus terrifiants, les hommes du Rhûn parviennent de mieux en mieux à distinguer les silhouettes de leurs bourreaux. Devant se tient Imrahil le Beau, envoyé par le roi Elessar lui-même, accompagné de cents chevaliers de Dol Amroth. Leur fierté et leur beauté donnent à ces pilleurs une allure aussi brillante que le reflet du soleil dans leurs armures argentées. Et derrière eux se tient la nouvelle armée du Gondor, des milliers d’hommes venus éradiquer une menace depuis trop longtemps présente.
D’un geste du bras, le Prince Imrahil interrompt les cors, et tandis qu’il s’avance vers la porte, Djiff ordonne à ses hommes de bander leurs arcs.
« Peuple du Rhûn, rendez vous aujourd’hui et nous vous épargnerons, et nous épargnerons vos familles. Une paix peut être négociée, si vous en avez la volonté. »
Ainsi parla Imrahil, d’une voix suffisamment claire et puissante pour être entendue à travers la ville parmi le silence qui précède toutes batailles. Pour seule réponse, Djiff hausse les épaules et, levant son bras, s’apprête à donner l’ordre de tirer. Tandis que, déçu, Imrahil retourne aux cotés de son armée, l’homme en armure s’écrie:
« Nous sommes un peuple libre, un peuple de guerriers ! Jamais les hommes de l’ouest ne bafoueront nos droits par des traités mensongers. Si nous devons mourir, ce sera dans l’honneur ! »
A ces mots, les hommes du Rhûn tressaillirent, car ils savaient que leur destin était scellé.
L’armée étincelante du Gondor passe à l’attaque. Tandis que le corps des archers d’élites, composés pour la plupart de vétérans de la Guerre de l’Anneau tente d’éclaircir les rangs des archers du Rhûn, l’infanterie charge les remparts, transportant béliers et échelles vers la porte. Trébuchets et balistes s’acharnaient sur les deux tours, ébranlant leurs fondations. Au signal de leur chef, les hommes du Rhûn engagent la riposte, une première salve de flèches tuant quelques centaines de soldats du Gondor. Rapidement, Djiff ordonne une seconde salve. LIl sait que la stratégie du Gondor est basée sur la vitesse, car à si petit nombre ils ne pourront pas tenir des heures sans renforts. Et aucun renfort n’était suffisamment proche, les éclaireurs l’avaient certifiés.
Semant la mort dans les rangs du Gondor, les assiégés continuent encore et toujours de tirer sur les porteurs d’armes de sièges. Mais la tâche est ardue, car pour un Gondoréen mis à terre, deux autres prennent la relève, et tuer un homme caché sous un de ces boucliers larges n’est pas simple. Irrémédiablement, les échelles viennent se poser sur la muraille. Quelques unes sont repoussées, et les soldats dégainent leurs épées. Djiff se précipite sur la muraille et élimine deux soldats ayant tout juste terminés leur ascension.
« Repoussez les, soldats ! Renvoyez ces chiens d’où ils viennent, qu’ils ne souillent plus jamais la terre de notre Patrie ! »
Les défenseurs se battent vaillamment, ceux disposant d’épées couvrant ceux qui tirent sur l’ennemi. Dans leur cœur, le courage du désespoir les animait d’une rage qui effraierait une horde d’orcs. La lutte acharnée doit durer, les troupes du Gondor ne sont pas infinies.
De son coté, la porte tient toujours. Les quelques coups de béliers n‘ont fait qu’ébranler la construction. Les tours, d’une efficacité redoutable, parviennent à repousser les assauts répétés des machines de guerre. Djiff a basé sa défense sur elles, espérant qu’elles tiendraient la porte intacte. Les meilleurs archers du Rhûn se trouvent à l’intérieur et une réserve de flèches supplémentaire leur a été distribuée. Quelques soldats s’efforcent de les maintenir en état malgré les attaques répétées des armes de siège du Gondor, car si les tours tombent, le Rhûn est perdu.
Le soleil poursuit sa course, inondant de ses rayons les hommes en armures amoindris par la chaleur écrasante. Les clameurs et les bruits d’armes s’entrechoquant rompent l’habituelle tranquillité de la contrée, et le sang des cadavres salit ce sol d’ordinaire si pur. Malgré tout, la lutte continue, acharnée. Quand vient midi, la bataille dure déjà depuis deux heures. Plus aucune flèche n’est tirée des remparts, qui sont le théâtre d’un violent affrontement au corps à corps. Le courage des orientaux n’est en rien entamé, et ce malgré leur armure et la chaleur. On ne peut en dire autant des hommes de l’ouest, qui faiblissent de minutes en minutes. La stratégie de Djiff fonctionne à merveille, le Gondor s’épuise. Les catapultes ne parviennent pas à mettre à bas les grandes tours, et le peu de dégâts occasionnés sur la porte sont aussitôt réparés. Il ne se fait pas de soucis de ce coté, mais il est bien plus inquiet en ce qui concerne les remparts. Le flot incessant de soldats du Gondor est de plus en plus difficile à contenir, mais il continu à hurler ses encouragements, tout en tranchant les membres de ses ennemis.
Du haut de son fier destrier, Imrahil est inquiet. Son attaque censée être rapide n’a pas l’effet escompté. Devant cette défense aussi acharnée que désespérée, ses talents de tacticiens sont mis à l’épreuve, et il doit réagir.
« Balistes ! Enfoncez la porte ! »
A ce cri, les cavaliers du Gondor gémirent. Ils savaient ce que cet ordre impliquait. Quand la porte sera brisée, ce sont eux qui devront pénétrer la ville et anéantir la résistance intérieure, c’est leur mission. Mais ils avaient espérés que la menace que représentaient ces tours serait éliminée, car une telle charge sous cette pluie de traits provoquerait la mort de nombre de vaillants soldats.
« Ne vous laissez pas dominer par la peur de la mort, mes amis. Aujourd’hui, nous débarrasserons le Gondor d’une épine depuis trop longtemps plantée dans son pied. Réjouissez vous ! »
« Seigneur Djiff ! La tour ouest a besoin de renforts, les assaillants seront bientôt à l’intérieur !
_ Nous ne pouvons nous le permettre. Appelez la moitié de la force de réserve s’il le faut, mais maintenez cette position, c’est crucial ! »
Conscient du danger, le seigneur se précipite au niveau de la porte, non sans décapiter deux hommes du Gondor au passage. Le soldat avait raison, l’autre coté de la muraille laissait passer de plus en plus d’ennemis, et les deux gardes chargés de défendre l’entrée vers la tour avaient bien du mal à les repousser. Se jetant sur ces adversaires, Djiff fit siffler sa lame pour mieux l’abattre sur le crâne de celui qui lui tournait le dos. Immédiatement, les autres tentent de l’arrêter, mais c’est mal connaître Djiff le Fourbe. Il avait décidé que cette tour tiendrait, et elle tiendra!
« Si les rocs n’en sont pas venus à bout, comment pouvez vous espérer que vous y parviendrez ? »
Ses adversaires terrassés, Djiff reprend son souffle, pour mieux tuer par la suite. Il saisit la gourde que lui temps l’un des gardes et la vide d’un trait: porter une si imposante cuirasse sous ce soleil de plomb est une folie se dit le garde, et pourtant il a vu son supérieur venir à bout de ses adversaires avec une dextérité remarquable. Comme bien d’autres soldats avant lui, cette vision l’a gorgé d’espoir pour la suite; avec un tel commandant, une défaite est impossible. Et maintenant qu’il a bien bu, le commandant fonce retourner au combat
C’est à ce moment précis que les premiers tirs de balistes touchèrent la porte. Elle vacilla mais tint bon, permettant aux réparateurs de se mettre au travail. Stoppé net dans son élan, Djiff observe le Prince Imrahil avec surprise.
« Alors mon grand on s’impatiente ? Il faudrait qu’il soit dingue pour ordonner une charge avec ces tours intactes… Qu’essaie-t-il de faire au juste ? »
Toujours dans ses pensés, le guerrier jette un bref coup d’œil vers la porte. Elle ne tiendra pas longtemps sous ce feu nourri. Reportant à nouveau son attention sur le chef ennemi, il remarque alors que celui-ci a placé ses chevaliers en formation prêts pour charger.
« D’accord, il est dingue. »
Aussi vif que son armure le lui permet, il retourne entre les deux tours, sur le dessus de la porte et hurle:
« Soldats du Rhûn ! Quittez les remparts, regroupez vous derrière la porte et les tours ! Si nous brisons cette charge, nous brisons l’ennemi ! »
Malgré la fatigue, les hommes du Rhûn s’organisent. Les hommes se tiennent derrière la porte, couverts au niveau des escaliers contre les hommes du Gondor qui montaient encore et toujours les échelles. Dans les tours les archers ont cessés de tirer, ils attendent maintenant la charge fatidique. Djiff n’a pas changé de position. Aidé par les quelques soldats qui l’entourent il défend vaillamment les tireurs. Mais comme son armée, il commence à sentir sa faiblesse: une vilaine blessure à la jambe l’empêche désormais de fuir, il restera aux cotés de ces tours jusqu’à la fin. Il a juste le temps de s’assurer que les hommes sont en place, quand une secousse se fait ressentir.
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