salut à tous, je suis nouveau ! la fanfic que je vais poster porte sur un événement précis de la Guerre de l'Anneau : mars 3019, après la Bataille des Champs de Pelennor et les délibérations de guerre, Aragorn prend la tête des armées unifiées de Rohan et Gondor. Tous les hommes vont suivre leur sauveur, celui qui les sauva du massacre sur les plaines de l'Anduin : Aragorn, fils d'Arathorn, descendant légitime d'Isildur, héritier des couronnes d'Arnor et de Gondor. Accompagné de ses fidèles amis Legolas et Gimli, de son conseiller Gandalf et de ses alliés Eomer, Imrahil d'Amroth et de tous les capitaines de la Marche, de Lebennin, de Belfalas et d'Ithilien, il va diriger la marche de l'Armée de l'Ouest. Ses troupes, afin de créer diversion aux pieds du royaume du Seigneur Ténébreux, s'en vont vers la Porte Noire au Col de Cirith Gorgor. Mais la route est longue, semée d'embûches, et même temporairement éloignées, les forces armées de Mordor rodent encore ....
voilà, c'était un résumé pour vous situer l'histoire. Donc, dans ce chapitre, les événements racontés décrivent le 3ème jour de voyage de l'Armée de l'Ouest. Ils ont quitté le Pelennor, laissé derrière eux le mur de Rammas et la Cité d'Osgiliath. Une route, à la Croisée des Chemins, part vers la Cité Maudite de Minas Morgul, et c'est là que va l'avant-garde de l'armée .....
maintenant, bonne lecture à vous ! voilà la première partie :
Il faisait très sombre car en cet endroit la nuit était perpétuelle, mais ce n’était pourtant pas un ciel étoilé qui couvrait cette obscure région, mais une épaisse voûte de nuages noirs et de maléfiques ténèbres que répandaient le Grand Oeil depuis son haut siège de Barad-Dûr. Le firmament d’argent qui depuis les temps reculés dessinaient à la nuit tombée ses courbes brillantes s’était évanouit vers ses lointaines demeures célestes.
Les Monts Noirs, qui surplombaient le Val de Morgul de leurs hautes cimes déchirées s’élevaient là à plusieurs milliers de pieds en une infranchissable barrière.
Et un grand mal rôdait alentour car là était la Cité Maudite de la Lune avec ses artifices de vile sorcellerie et ses tours, ses murailles, sa porte menaient dans la bouche dévorante de l’Enfer. Mais c’était un enfer de fer et de glace et non de feu ... un lieu noir hanté d’esprits damnés où régnait le froid de l’hiver et où l’âme ne devait jamais mourir mais rester dans la tourmente.
Le Morgulduin, ou Imlad Morgul, serpentait dans la vallée, silencieux dans sa course lente vers quelque trou ou caverne des montagnes et l’eau était viciée, empoisonnée, d’une étrange couleur verdâtre et nul poisson n’y nageait. D’âpres et mauvaises vapeurs s’en élevaient en de longs lambeaux effilés, et ceux-ci formaient, au dessus des flots noirs et stagnants, quelque spectre livide et décharné. Et ils restaient ainsi sans bouger, tenant dans leur main un cierge à la flamme verte. Mais ces fantômes n’étaient que cauchemars des vivants et jamais ne se dressèrent-ils véritablement hors des eaux pour avec le vent, grincer entre les plus infimes ténèbres.
Là se tenait l’avant-garde de l’armée, avec ses étendards et ses longues lances scintillantes, et ils étaient immobiles, postés sur la route pavée qui menait à la Cité Morte. Et ils l’observaient, effrayés, glacés, avec la sensation que toute leur joie, tous leurs espoirs, s’étaient envolés et que la Mort les attendait là, toute proche, tapie dans ses toiles de ténèbres.
Ils avaient la sensation d’yeux innombrables qui les fixaient à travers l’obscurité, là où ils pouvaient voir sans être vus, mais il n’y avait nuls autres yeux que ceux de corbeaux noirs qui volaient au dessus de leurs têtes en croassant des paroles de mauvais augures. Mais c’était là peut-être des espions de Mordor, dépêchés par la Tour Sombre pour surveiller l’avancée de l’Armée de l’Ouest, mais bientôt vinrent les Cavaliers Noirs et, dissimulés dans de hauts nuages gris, hors de portée de vue des Hommes Mortels, ils épièrent les faits et gestes des troupes du Gondor et du Rohan.
Aragorn, monté sur Roheryn, Andùril à la main, éperonna sa monture et, en tête de cohorte, il s’élança vers le pont de pierre de Minas Morgul et là de nouveau ils s’arrêtèrent, car l’aura de Mort qui enveloppait la Cité leur interdisait de s’avancer davantage.
Là y avait-il deux hautes figures de pierre, affreusement taillées et elles représentaient chacune des créatures difformes et terrifiantes car c’étaient là des démons grimaçants, griffes tendues et gueule ouverte. Ils ne pouvaient être l’oeuvre d’hommes au coeur sain car même dans sa folie la race humaine ne put-elle jamais penser tels monstres, sinon dans ses rêves de mort, et il paraissait probable que ces statues n’étaient que diableries des serviteurs de Mordor, conçues dans des fosses incommensurables où voguaient de sombres esprits emprisonnés dans de vilains cachots.
Ces démoniaques sculptures toujours gardaient silence, ne murmurant qu’aux oreilles des Âmes Torturées et leur voix était en dehors de l’ouïe des vivants. Les Guetteurs Silencieux, ainsi furent-ils nommés par les Hommes et les Orques et tous les êtres capables d’initiatives et de pensées propres. Ils étaient les Gardiens du Pont de la Cité de la Lune, et dans leurs yeux de pierre noire aux infinies profondeurs, semblait briller une ardente flamme verte et nul ne pouvait passer devant eux et échapper à leur regard, fut-il protégé des plus puissants charmes, sans qu’ils en eussent connaissance et que leurs maîtres en soient eux mêmes informés. La malveillance les animait, ainsi qu’une cruelle malice et la sorcellerie d’Angmar dirigeait leurs yeux espions.
Derrière y avait-il un pont de pierre sombre et inégale, long de cent pieds, et il enjambait la profonde combe de Morgul avant d’aller rejoindre la Haute Porte de cuivre de la Cité, gravée de runes infâmes.
Cette porte comportait maintes dents de fer acéré qui s’élevaient au dessus des remparts en crocs de loups. Là se perchaient souvent les Spectres Ailés, les Oiseaux de la Nuit Atroce, et leurs yeux perçants observaient le Col et la Route dans la recherche de proies.
Le mur d’enceinte était haut d’une centaine de pieds et ses créneaux étaient de la taille d’un homme et nul ne savait plus de quelle pierre avait été façonné ces abruptes remparts car le savoir de l’architecture importait peu le monde d’aujourd’hui et maints gens n’avaient jamais osé considérer la Cité Perdue. Pourtant ce fut là qu’autrefois, en des jours de liesse, souriaient leurs visages et fleurissaient les Roses d’Argent mais d’aucun parmi les vivants ne se souvenait plus de ces jours heureux sous le Feu du Soleil et le Reflet de la Lune.
Maintenant émanait de ces tours élancées, de ses robustes bastions, de son donjon, une blafarde lueur verte qui inondait les champs et la forteresse. Et c’était là une perfide lumière qui emplissait la vallées d’ombres virevoltantes qui elles même s’insinuaient dans le coeur des gens jusqu’à les détruire.
Et pire encore était la terreur folle qui s’échappait de la Tour d’Ithil et s’abattait sur l’armée comme une vague déferle sur les grèves blanches des plages assiégées. Son pinacle était aussi pâle que la Lune à son lever et ce fut de là qu’autrefois Isildur observait les astres et traçait ses cartes célestes, là qu’il se reposait et se divertissait lorsque cette ville était bienheureuse et que les rires et la musique la saturaient.
Alors Aragorn rangea Andùril dans son fourreau et d’un bond, sauta de selle, se tenant juste devant les Deux Guetteurs. Il fit venir les hérauts mais ceux-ci n’osèrent point passer les limites du pont et leur visage était livide car voilà qu’ils admiraient la démoniaque beauté de Minas Morgul et leurs coeurs étaient pris de désespoir et de peur et leurs yeux ne pouvaient se détacher avec facilité de la Cité Morte. L’un d’eux même faillit, et se jeta sur le sol, la tête enfouie dans le giron et il pleura et imposa qu’on le laissa tranquille ... il mourut dans l’heure, nul ne sut jamais comment, mais du sang coulait de ces oreilles en de pourpres et fluides rivières.
Au bout d’un temps, sur l’insistance de Gandalf le Magicien, ils firent cependant sonner les Cors et élevèrent la bannière de la Citadelle, clamant la venue du Roi Perdu de Gondor et de ses vassaux des fiefs de l’Ouest, du Nord et du Sud. Nul ne répondit au défi car en vérité, la Cité avait été désertée depuis le départ du Grand Capitaine et tous ses occupants avaient été tués sur les Plaines de l’Anduin. Les Nazgûls avaient rejoints les chambres hautes de Barad-Dûr depuis la veille.
Or donc, Aragorn ordonna que l’on abâtisse le pont et les Guetteurs, ce qui fut fait, mais rejeta l’idée d’Imrahil et d’Eomer d’entrer dans la ville et de la raser jusqu’à la dernière pierre. Dans leur chute, les Gardiens de Pierre hurlèrent, et le son rauque de leur voix était plein de fureur, et plusieurs parmi les hommes en eurent les tympans crevés. Mais la haine des Veilleurs se brisa avec eux lorsqu’ils churent sur le sol en un grand fracas.
Et voici ! Aragorn abandonna Roheryn à la garde de Legolas, et descendant par des chemins escarpés et forts dangereux car cachés dans d’épaisses ténèbres, il parvint au plus bas de la vallée d’Imlad Morgul. L’arche du pont, déjà en partie brisée, se trouvait alors à cent-cinquante pieds au dessus de sa tête, et les pierres qui en tombaient dispersaient les épis de brume du vallon.
Il s’enfonça alors parmi les hautes herbes et laissant nager sa main en leur coeur, il vit qu’elles étaient noires et des fleurs couleur de neige naissaient entre leurs rangs innombrables. Malgré les appels de ses amis lui conseillant de se méfier de ces champs, Aragorn demeura impassible et marcha plus loin encore dans cette sombre mer où les flocons d’écume étaient figurés par ces somptueuses fleurs blanches. Elles qui furent autrefois les Roses d’Argent, qui fleurissaient au milieu de la nuit lorsque la Lune veillait sur le monde. Mais désormais, témoins de l’horreur depuis son commencement, elles avaient été soudoyées par la Mort et transformées par elle en “Roses du crépuscule Enchanteur” ou “Dames du Trépas”.
Grand-Pas, le visage blême, crispé par une vague impression de malaise, s’agenouilla parmi ces hampes fleuries et sa tête alors disparut aux yeux de tous. Il flottaient de froides brumes autour de lui alors qu’il cueillait délicatement une de ces fleurs encore en bouton. Soudain s’ouvrit-elle, aussi rapide que les Portes de la Lune et du Soleil dans les Murailles du Monde quand l’heure passe du jour à la nuit et de la nuit au jour. Belle était-elle, blanche au coeur vert et ses pétales étaient doux et fins et s’étalaient docilement par dessus ses petites feuilles grises. Mais voilà que tournant sa tête vers Aragorn, elle empesta la mort, l’odeur pestilentielle des cadavres, de la pourriture et du vieux sang et elle représentait, entièrement épanouie, un crâne ricanant.
Aragorn la jeta alors au loin, les tripes soudainement glacées, et dans ses yeux brillaient une lueur féroce et d’une voix forte surpassant l’assourdissant silence, il déclara :
-Brûlez ces champs de malheur ... mais n’y entrez pas, n’approchez pas ces fleurs ni ne les observez ... jetez y des torches.
Bientôt, la plaine s’embrasa en un fort crépitement accompagné de moults fumées, et les lumières de l’incendie s’opposèrent à celles artificielles de Morgul. L’odeur des Douces Fleurs de la Mort tourna alors comme périssaient-elles, et ce fut maintenant la senteur de la chair brûlée et du sang chaud. Les atrocités toutes alors s’envolèrent dans les airs et s’enflamma l’herbe noire, et dans leur agonie, les champs de Morgul gémirent et le Morgulduin bouillonna dans son lit, répandant de nauséabondes vapeurs.
Les murs de la Cité furent habités des lueurs des flammes mais aucune de celles-ci ne franchirent le fleuve et seul léchèrent ses berges marécageuses. L’antique pouvoir de la vallée s’estompa quelque peu mais demeurait l’horreur dont était imprégnée la ville.
L’avant-garde de l’Armée, composée d’un millier de chevaux avait alors trop tardé, et lorsqu’Aragorn remonta aux côtés de ses compagnons, il ordonna que tous se préparassent au départ. Dans un sourd grondement de sabots, Grand-Pas s’approcha du Pont de Pierre, et de nombreux hommes s’attelaient à le détruire avec des truelles mais le travail était ardu et long et ce ne fut seulement au bout de deux heures que l’ensemble s’effondra.
Alors tous remontèrent en selle et s’alignèrent sur la route, les capitaines et les hérauts en première ligne. Rapidement, l’armée se remit en marche vers le Carrefour du Roi Tombé et tous étaient heureux de quitter la vallée de Morgul et ses oppressantes ténèbres.
Mais alors qu’ils s’engageaient dans le lacet qui serpentait entre les hautes corniches noires du Val, un cri aigu retentit dans le défilé rocheux ...
voilà, la suite si vous aimez !
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Mon maître, Sauron le Grand, vous souhaite la bienvenue ! - Y a t-il quelqu'un dans cette bande qui ait autorité pour traiter avec moi ?