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 Une fleur dans les cendres ou Bataille du Val de Morgul

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NirnaethArnoediad
Paysan


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Date d'inscription: 20/07/2005

MessageSujet: Une fleur dans les cendres ou Bataille du Val de Morgul   Mer 20 Juil - 14:04

salut à tous, je suis nouveau ! la fanfic que je vais poster porte sur un événement précis de la Guerre de l'Anneau : mars 3019, après la Bataille des Champs de Pelennor et les délibérations de guerre, Aragorn prend la tête des armées unifiées de Rohan et Gondor. Tous les hommes vont suivre leur sauveur, celui qui les sauva du massacre sur les plaines de l'Anduin : Aragorn, fils d'Arathorn, descendant légitime d'Isildur, héritier des couronnes d'Arnor et de Gondor. Accompagné de ses fidèles amis Legolas et Gimli, de son conseiller Gandalf et de ses alliés Eomer, Imrahil d'Amroth et de tous les capitaines de la Marche, de Lebennin, de Belfalas et d'Ithilien, il va diriger la marche de l'Armée de l'Ouest. Ses troupes, afin de créer diversion aux pieds du royaume du Seigneur Ténébreux, s'en vont vers la Porte Noire au Col de Cirith Gorgor. Mais la route est longue, semée d'embûches, et même temporairement éloignées, les forces armées de Mordor rodent encore ....
voilà, c'était un résumé pour vous situer l'histoire. Donc, dans ce chapitre, les événements racontés décrivent le 3ème jour de voyage de l'Armée de l'Ouest. Ils ont quitté le Pelennor, laissé derrière eux le mur de Rammas et la Cité d'Osgiliath. Une route, à la Croisée des Chemins, part vers la Cité Maudite de Minas Morgul, et c'est là que va l'avant-garde de l'armée .....

maintenant, bonne lecture à vous ! voilà la première partie :


Il faisait très sombre car en cet endroit la nuit était perpétuelle, mais ce n’était pourtant pas un ciel étoilé qui couvrait cette obscure région, mais une épaisse voûte de nuages noirs et de maléfiques ténèbres que répandaient le Grand Oeil depuis son haut siège de Barad-Dûr. Le firmament d’argent qui depuis les temps reculés dessinaient à la nuit tombée ses courbes brillantes s’était évanouit vers ses lointaines demeures célestes.
Les Monts Noirs, qui surplombaient le Val de Morgul de leurs hautes cimes déchirées s’élevaient là à plusieurs milliers de pieds en une infranchissable barrière.
Et un grand mal rôdait alentour car là était la Cité Maudite de la Lune avec ses artifices de vile sorcellerie et ses tours, ses murailles, sa porte menaient dans la bouche dévorante de l’Enfer. Mais c’était un enfer de fer et de glace et non de feu ... un lieu noir hanté d’esprits damnés où régnait le froid de l’hiver et où l’âme ne devait jamais mourir mais rester dans la tourmente.
Le Morgulduin, ou Imlad Morgul, serpentait dans la vallée, silencieux dans sa course lente vers quelque trou ou caverne des montagnes et l’eau était viciée, empoisonnée, d’une étrange couleur verdâtre et nul poisson n’y nageait. D’âpres et mauvaises vapeurs s’en élevaient en de longs lambeaux effilés, et ceux-ci formaient, au dessus des flots noirs et stagnants, quelque spectre livide et décharné. Et ils restaient ainsi sans bouger, tenant dans leur main un cierge à la flamme verte. Mais ces fantômes n’étaient que cauchemars des vivants et jamais ne se dressèrent-ils véritablement hors des eaux pour avec le vent, grincer entre les plus infimes ténèbres.
Là se tenait l’avant-garde de l’armée, avec ses étendards et ses longues lances scintillantes, et ils étaient immobiles, postés sur la route pavée qui menait à la Cité Morte. Et ils l’observaient, effrayés, glacés, avec la sensation que toute leur joie, tous leurs espoirs, s’étaient envolés et que la Mort les attendait là, toute proche, tapie dans ses toiles de ténèbres.
Ils avaient la sensation d’yeux innombrables qui les fixaient à travers l’obscurité, là où ils pouvaient voir sans être vus, mais il n’y avait nuls autres yeux que ceux de corbeaux noirs qui volaient au dessus de leurs têtes en croassant des paroles de mauvais augures. Mais c’était là peut-être des espions de Mordor, dépêchés par la Tour Sombre pour surveiller l’avancée de l’Armée de l’Ouest, mais bientôt vinrent les Cavaliers Noirs et, dissimulés dans de hauts nuages gris, hors de portée de vue des Hommes Mortels, ils épièrent les faits et gestes des troupes du Gondor et du Rohan.
Aragorn, monté sur Roheryn, Andùril à la main, éperonna sa monture et, en tête de cohorte, il s’élança vers le pont de pierre de Minas Morgul et là de nouveau ils s’arrêtèrent, car l’aura de Mort qui enveloppait la Cité leur interdisait de s’avancer davantage.
Là y avait-il deux hautes figures de pierre, affreusement taillées et elles représentaient chacune des créatures difformes et terrifiantes car c’étaient là des démons grimaçants, griffes tendues et gueule ouverte. Ils ne pouvaient être l’oeuvre d’hommes au coeur sain car même dans sa folie la race humaine ne put-elle jamais penser tels monstres, sinon dans ses rêves de mort, et il paraissait probable que ces statues n’étaient que diableries des serviteurs de Mordor, conçues dans des fosses incommensurables où voguaient de sombres esprits emprisonnés dans de vilains cachots.
Ces démoniaques sculptures toujours gardaient silence, ne murmurant qu’aux oreilles des Âmes Torturées et leur voix était en dehors de l’ouïe des vivants. Les Guetteurs Silencieux, ainsi furent-ils nommés par les Hommes et les Orques et tous les êtres capables d’initiatives et de pensées propres. Ils étaient les Gardiens du Pont de la Cité de la Lune, et dans leurs yeux de pierre noire aux infinies profondeurs, semblait briller une ardente flamme verte et nul ne pouvait passer devant eux et échapper à leur regard, fut-il protégé des plus puissants charmes, sans qu’ils en eussent connaissance et que leurs maîtres en soient eux mêmes informés. La malveillance les animait, ainsi qu’une cruelle malice et la sorcellerie d’Angmar dirigeait leurs yeux espions.
Derrière y avait-il un pont de pierre sombre et inégale, long de cent pieds, et il enjambait la profonde combe de Morgul avant d’aller rejoindre la Haute Porte de cuivre de la Cité, gravée de runes infâmes.
Cette porte comportait maintes dents de fer acéré qui s’élevaient au dessus des remparts en crocs de loups. Là se perchaient souvent les Spectres Ailés, les Oiseaux de la Nuit Atroce, et leurs yeux perçants observaient le Col et la Route dans la recherche de proies.
Le mur d’enceinte était haut d’une centaine de pieds et ses créneaux étaient de la taille d’un homme et nul ne savait plus de quelle pierre avait été façonné ces abruptes remparts car le savoir de l’architecture importait peu le monde d’aujourd’hui et maints gens n’avaient jamais osé considérer la Cité Perdue. Pourtant ce fut là qu’autrefois, en des jours de liesse, souriaient leurs visages et fleurissaient les Roses d’Argent mais d’aucun parmi les vivants ne se souvenait plus de ces jours heureux sous le Feu du Soleil et le Reflet de la Lune.
Maintenant émanait de ces tours élancées, de ses robustes bastions, de son donjon, une blafarde lueur verte qui inondait les champs et la forteresse. Et c’était là une perfide lumière qui emplissait la vallées d’ombres virevoltantes qui elles même s’insinuaient dans le coeur des gens jusqu’à les détruire.
Et pire encore était la terreur folle qui s’échappait de la Tour d’Ithil et s’abattait sur l’armée comme une vague déferle sur les grèves blanches des plages assiégées. Son pinacle était aussi pâle que la Lune à son lever et ce fut de là qu’autrefois Isildur observait les astres et traçait ses cartes célestes, là qu’il se reposait et se divertissait lorsque cette ville était bienheureuse et que les rires et la musique la saturaient.
Alors Aragorn rangea Andùril dans son fourreau et d’un bond, sauta de selle, se tenant juste devant les Deux Guetteurs. Il fit venir les hérauts mais ceux-ci n’osèrent point passer les limites du pont et leur visage était livide car voilà qu’ils admiraient la démoniaque beauté de Minas Morgul et leurs coeurs étaient pris de désespoir et de peur et leurs yeux ne pouvaient se détacher avec facilité de la Cité Morte. L’un d’eux même faillit, et se jeta sur le sol, la tête enfouie dans le giron et il pleura et imposa qu’on le laissa tranquille ... il mourut dans l’heure, nul ne sut jamais comment, mais du sang coulait de ces oreilles en de pourpres et fluides rivières.
Au bout d’un temps, sur l’insistance de Gandalf le Magicien, ils firent cependant sonner les Cors et élevèrent la bannière de la Citadelle, clamant la venue du Roi Perdu de Gondor et de ses vassaux des fiefs de l’Ouest, du Nord et du Sud. Nul ne répondit au défi car en vérité, la Cité avait été désertée depuis le départ du Grand Capitaine et tous ses occupants avaient été tués sur les Plaines de l’Anduin. Les Nazgûls avaient rejoints les chambres hautes de Barad-Dûr depuis la veille.
Or donc, Aragorn ordonna que l’on abâtisse le pont et les Guetteurs, ce qui fut fait, mais rejeta l’idée d’Imrahil et d’Eomer d’entrer dans la ville et de la raser jusqu’à la dernière pierre. Dans leur chute, les Gardiens de Pierre hurlèrent, et le son rauque de leur voix était plein de fureur, et plusieurs parmi les hommes en eurent les tympans crevés. Mais la haine des Veilleurs se brisa avec eux lorsqu’ils churent sur le sol en un grand fracas.
Et voici ! Aragorn abandonna Roheryn à la garde de Legolas, et descendant par des chemins escarpés et forts dangereux car cachés dans d’épaisses ténèbres, il parvint au plus bas de la vallée d’Imlad Morgul. L’arche du pont, déjà en partie brisée, se trouvait alors à cent-cinquante pieds au dessus de sa tête, et les pierres qui en tombaient dispersaient les épis de brume du vallon.
Il s’enfonça alors parmi les hautes herbes et laissant nager sa main en leur coeur, il vit qu’elles étaient noires et des fleurs couleur de neige naissaient entre leurs rangs innombrables. Malgré les appels de ses amis lui conseillant de se méfier de ces champs, Aragorn demeura impassible et marcha plus loin encore dans cette sombre mer où les flocons d’écume étaient figurés par ces somptueuses fleurs blanches. Elles qui furent autrefois les Roses d’Argent, qui fleurissaient au milieu de la nuit lorsque la Lune veillait sur le monde. Mais désormais, témoins de l’horreur depuis son commencement, elles avaient été soudoyées par la Mort et transformées par elle en “Roses du crépuscule Enchanteur” ou “Dames du Trépas”.
Grand-Pas, le visage blême, crispé par une vague impression de malaise, s’agenouilla parmi ces hampes fleuries et sa tête alors disparut aux yeux de tous. Il flottaient de froides brumes autour de lui alors qu’il cueillait délicatement une de ces fleurs encore en bouton. Soudain s’ouvrit-elle, aussi rapide que les Portes de la Lune et du Soleil dans les Murailles du Monde quand l’heure passe du jour à la nuit et de la nuit au jour. Belle était-elle, blanche au coeur vert et ses pétales étaient doux et fins et s’étalaient docilement par dessus ses petites feuilles grises. Mais voilà que tournant sa tête vers Aragorn, elle empesta la mort, l’odeur pestilentielle des cadavres, de la pourriture et du vieux sang et elle représentait, entièrement épanouie, un crâne ricanant.
Aragorn la jeta alors au loin, les tripes soudainement glacées, et dans ses yeux brillaient une lueur féroce et d’une voix forte surpassant l’assourdissant silence, il déclara :
-Brûlez ces champs de malheur ... mais n’y entrez pas, n’approchez pas ces fleurs ni ne les observez ... jetez y des torches.
Bientôt, la plaine s’embrasa en un fort crépitement accompagné de moults fumées, et les lumières de l’incendie s’opposèrent à celles artificielles de Morgul. L’odeur des Douces Fleurs de la Mort tourna alors comme périssaient-elles, et ce fut maintenant la senteur de la chair brûlée et du sang chaud. Les atrocités toutes alors s’envolèrent dans les airs et s’enflamma l’herbe noire, et dans leur agonie, les champs de Morgul gémirent et le Morgulduin bouillonna dans son lit, répandant de nauséabondes vapeurs.
Les murs de la Cité furent habités des lueurs des flammes mais aucune de celles-ci ne franchirent le fleuve et seul léchèrent ses berges marécageuses. L’antique pouvoir de la vallée s’estompa quelque peu mais demeurait l’horreur dont était imprégnée la ville.
L’avant-garde de l’Armée, composée d’un millier de chevaux avait alors trop tardé, et lorsqu’Aragorn remonta aux côtés de ses compagnons, il ordonna que tous se préparassent au départ. Dans un sourd grondement de sabots, Grand-Pas s’approcha du Pont de Pierre, et de nombreux hommes s’attelaient à le détruire avec des truelles mais le travail était ardu et long et ce ne fut seulement au bout de deux heures que l’ensemble s’effondra.
Alors tous remontèrent en selle et s’alignèrent sur la route, les capitaines et les hérauts en première ligne. Rapidement, l’armée se remit en marche vers le Carrefour du Roi Tombé et tous étaient heureux de quitter la vallée de Morgul et ses oppressantes ténèbres.
Mais alors qu’ils s’engageaient dans le lacet qui serpentait entre les hautes corniches noires du Val, un cri aigu retentit dans le défilé rocheux ...

voilà, la suite si vous aimez !

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NirnaethArnoediad
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MessageSujet: Re: Une fleur dans les cendres ou Bataille du Val de Morgul   Sam 30 Juil - 10:39

voilà la suite !


Aragorn tira sur les brides de Roheryn, forçant son destrier à s’arrêter, et éleva la main en signe de halte. Aussitôt, les troupes s’immobilisèrent et tous prêtèrent attention au moindre bruit car ce crin n’était évidemment pas humain ... le silence tomba, lourd et étouffant, et les hommes, chargés d’appréhension, attendaient et leurs yeux fouillaient en vain les ténèbres.
De nouveau, un hurlement retentit mais ce n’était pas là un cri de souffrance ou de tristesse mais bien un ordre de charge ... des milliers de beuglements s’élevèrent des collines, accompagnés de tintements d’acier et de bruits de pas et sur ce, les Orques du Grand Oeil se montrèrent.
Il y en avait une foule énorme mais dans l’obscurité, on ne pouvait guère évaluer leur nombre car ils étaient de peau grise ou verdâtre et ils se fondaient dans les corniches sur lesquels ils étaient perchés. Leurs yeux étaient verts ou jaunes, semblables à ceux des serpents ou des chats, et leur face aplatie, mutilée, déformée, était ignoble à voir car les années de guerre avaient amassé sur leurs visages nombre de croûtes virulentes et de cicatrices infectées. Et pourtant, point ils ne mourraient de maladie et certains, ne les connaissant pas, auraient pu dire qu’ils avaient soufferts de la lèpre ou de la peste. Leurs bras étaient longs et crochus étaient leurs doigts et ils se tenaient voûtés tels des singes et ils étaient aussi agiles que des araignées.
Et les voilà qui s’élançaient hors de leurs tanières et de leurs puants repaires, et ils formaient une masse grouillante semblable à une armée de cafards. Leurs noires épées étaient tirées du fourreau, leurs haches et leurs masses brandies et leurs hallebardes dressées. Les tambours roulèrent et avant qu’Aragorn ne puisse ordonner ses troupes, des archers Goblins déboulèrent au dessus d’eux et leur tirèrent des grêles de flèches noires; certaines étaient enflammées. Le ciel se fit plus sombre encore, si cela était possible, et les traits tombèrent parmi les rangs d’Aragorn en un grand rugissement. Nombre de chevaux furent tués ou blessés, car là était le but des archers de Mordor qui avaient pour intention de briser la charge de cavalerie. Une pluie de pierres et de lances suivit le jet de flèches et déjà, des centaines de combattants Orques déferlèrent vers les cavaliers de l’Armée de l’Ouest. Certains venaient de face, cachés dans les fossés qui longeaient la Route, d’autres venaient et de droite, et de gauche, si bien que la cavalerie fut prise sur trois fronts et avait pour seule zone de repli les champs enflammés de la Cité Morte. Aucune retraite n’était donc possible.
Les chevaux se dérobèrent, percés de multiples traits, brisés par les pierres, et ils se cabrèrent et hennirent en un grand vacarme. Nombre d’hommes furent désarçonnés et tués, les pieds coincés dans leurs étriers et leur tête raclant le sol.
-Archers ! Archers ! Hurla Aragorn, pressant les flancs de sa monture et se jetant à l’assaut.
Aussitôt, les arcs du Gondor et du Rohan vibrèrent et éclaircis furent les rangs du Grand Oeil. Des dizaines de Goblins tombèrent de leur perchoir et se fracassèrent le crâne ou le dos sur la route pavée. Alors, les survivants hésitèrent sous la menace des flèches de l’Ouest qui tombaient drues parmi eux en une pluie cinglante, car leurs ennemis étaient d’une plus grande adresse et d’une force supérieure. Les archers Orques lâchèrent leurs armes et se débandèrent en hurlant, se cachant dans les endroits sombres.
Mais les fantassins ne reculèrent pas car les ténèbres étaient avec eux et le champs de bataille ne leur était pas inconnu. Appuyés par de féroces loups, ils culbutèrent les rangs des cavaliers des Peuples Libres, et ils étaient sans pitié, animés par de bestiaux esprits. Ils profitèrent de la panique générale pour jeter les cavaliers à bas de leurs montures et de leurs griffes, ils leur lacérèrent le visage et leur crevèrent les yeux. Le combat s’engagea et plus les Orques mourraient, plus il en arrivaient et ceux-là sortaient des escarpements et des corniches comme des insectes rampants, bien qu’ils n’en n’eussent pas l’apparence.
Les Goblins, les plus petits des Orques, bondirent en l’air comme le feraient les grenouilles et ils se jetèrent au cou des cavaliers et leurs plantèrent griffes et dents dans la gorge ou les yeux car ils avaient pour habitude de tuer cruellement leurs ennemis et ne se saisissaient de leurs cimeterres qu’en ultime recours.
Or donc, les troupes du Mordor poursuivirent leur grand assaut contre la cavalerie et toute la gorge de Morgul était envahie par leurs compagnies en marche. Les chefs Goblins et Orques se postèrent au milieu de la route, quelque peu en retrait du combat et dans leur arrogance, ils n’hésitèrent point à se montrer et à élever les enblêmes du Seigneur Ténébreux.
Aragorn était pris au coeur de la mêlée, assaillis par ces fouines bondissantes qu’étaient les Goblins. Tantôt il en décapita un en plein saut, tantôt il brisa la nuque d’un autre qui avait agrippé sa cape.
Mais lorsqu’il vit les chiffons ornés de l’Oeil Rouge qui formaient un cercle à un furlong de là, il fut alors emplit d’un profond courroux et d’une forte volonté. Il rassembla autour de lui plusieurs cavaliers et Legolas et Gimli faisaient partie de ceux-là, ainsi qu’Eomer, Gandalf et Pippin.
Sur ce, Aragorn lança la charge et les lances du Rohan et du Gondor lui frayèrent un chemin dans la masse compacte de leurs ennemis. Derrière eux, il n’y avait plus que cadavres et une large brèche était faite dans les rangs Orques si bien que le reste de l’armée put s’y engouffrer aisément, s’échappant enfin de ce piège.
Voyant de son poste les soudaines manoeuvres de ses adversaires, le commandant suprême des Goblins fit rassembler ses gardes et discrètement, s’en fut vers les lignes arrières. Mais cela ne le sauva pas car des flèches, tirées par l’Elfe Legolas, atteignirent ses gardes du corps et il se retrouva seul parmi ses esclaves, des soldats de moindre force.
Visible était-il avec son heaume dont le cimier était fait d’un crâne humain et sa forte corpulence le distinguait parmi ses guerriers décharnés. Car souvent se prélassait-il, et se gavait-il, dans son antre quand ses armées partaient en guerre pour le Grand Oeil. Mais aujourd’hui, Barad-Dûr avait désigné son clan pour cette embuscade et si lui même ne se présentait pas sur le champs de bataille, les hauts émissaires de Sauron appliqueraient la peine capitale destinée aux lâches et aux traîtres : l’écartellement.
Or donc, Aragorn parvint jusqu’à lui mais le Goblin détala, abandonnant ses serviteurs à leur sort. Il fut ralentit par un coup de poignard porté par Pippin alors qu’il passait à sa portée, et un trait blanc de Legolas se ficha entre ses omoplates. Il gémit, crachant du sang sur sa panse bedonnante mais il serrait encore fermement son épée. Enfin, Grand-Pas l’atteignit, et l’Orque hurla et lâcha son arme, implorant le salut. Mais il tenta de s’échapper et alors qu’il regardait en arrière, prenant ses jambes à son cou, Andùril lui fendit le crâne depuis les dents jusqu’aux oreilles.
Aragorn s’attarda devant la dépouille de son ennemi mort sur le coup, lui jetant un regard haineux. Mettant pied à terre, il se pencha sur le mort et acheva de lui couper le haut de la tête et alors, remontant en selle, il brandit le monceau devant les armées Orques.
Et à ce moment même, ses cavaliers, tirés de la nasse, se déployèrent autour des Orques et se rabattirent sur leurs ailes. Les Goblins, sans chef, vaincus, firent volte-face et coururent en un fol espoir vers la Ville de Minas Morgul, souhaitant trouver là quelque chance de sortie. Mais, à leur grand déplaisir, ils constatèrent qu’ils étaient pris entre le marteau et l’enclume car devant eux s’étendaient maintenant les plaines embrasées du Morgul et derrière, des centaines de cavaliers adverses qui les poussaient, les précipitaient vers les champs.
Dès lors, les Orques, atterrés, gagnés par la terreur que les armées de l’Ouest leur conféraient, bondirent dans le brasier et tous y moururent et lorsque passa l’incendie, seuls restaient dans la plaine les innombrables carcasses calcinées ... et une unique fleur damnée, celle-là même qu’avait touché Aragorn, et elle était blanche comme perle parmi les cendres.

fin

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